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Booster Day : une matinée pour démystifier l’intelligence artificielle
Date de création : 8|mars |2018

Qu’est-ce que l’Intelligence Artificielle peut apporter à mon entreprise ? C’est autour de cette question que les acteurs de l’innovation de Grand Paris Seine Ouest se sont retrouvés, le 7 mars dans les locaux de l’ESSCA, l’école de commerce de Boulogne-Billancourt, à l’invitation de So Digital, l’agence numérique du territoire.

Car si chacun est conscient que l’intelligence artificielle va engendrer de profonds bouleversements dans nos façons de vivre et de travailler, elle soulève encore de nombreuses questions, parfois même des inquiétudes sur l’avenir de nos emplois. Aucun métier ne serait épargné par le développement de l’intelligence artificielle et de grands experts du numérique eux-mêmes s’inquiètent publiquement de notre avenir. En fait, comme l’a rappelé Jean-Claude Marquez, maire-adjoint au numérique de Boulogne-Billancourt, depuis plus de vingt ans, à chaque nouvelle technologie, ce sont toujours les mêmes angoisses qui s’expriment. On sait pourtant, et depuis longtemps maintenant, que l’apport des nouvelles technologies permet des gains de productivité. Et ce sera pareil avec l’Intelligence artificielle, qui ouvre la possibilité d’inventer de nouveaux services et de s’ouvrir à de nouvelles opportunités. D’ailleurs, le cabinet Accenture vient de publier une étude qui prévoit que l’Intelligence Artificielle pourrait augmenter de 10 %, en moyenne, les effectifs des entreprises ayant investi dans cette technologie. Cette thèse s’appuie sur une étude menée auprès de 15.000 salariés, dont 1200 cadres dirigeants, dans onze pays différents et auprès de nombreux secteurs d’activité (automobile, santé, transports, énergie, banque, grande distribution…). L’étude chiffre aussi le gain moyen de l’utilisation de l’Intelligence Artificielle à 38 % sur le chiffre d’affaires. Le secteur des télécoms serait celui qui en profiterait le plus, avec un gain de 46 % de chiffre d’affaires et de 21 % des effectifs. À l’autre bout du spectre, l’automobile augmenterait son activité de 28 % mais l’effet sur l’emploi serait limité à 6 %. Ce qui reste tout de même positif!

Nous devons faire en sorte, a souligné Emmanuel Bavière, Président de la commission numérique de Grand Paris Seine Ouest, que notre territoire soit l’une des places fortes de cette innovation. Aux cotés de Microsoft, à Issy-les-Moulineaux, qui vient s’allier à Simplon pour former ses étudiants à l’intelligence artificielle ou de Huawei, qui a mis l’intelligence artificielle au cœur des travaux de son centre de recherche sur les mathématiques de Boulogne-Billancourt, notre territoire compte de nombreux acteurs.
En accueillant les participants, le Directeur général de l’ESSCA, Samir AYOUB, s’est réjouit que les 1500 étudiants de son école de commerce évoluent dans un environnement d’innovation aussi dynamique. Car le territoire de Grand Paris Seine Ouest a connu dans les dernières années une croissance économique très forte, caractérisée par l’arrivée d’entreprises de haute technologie, de centres de recherche, d’activités liées à la communication et aux médias. Avec ses 23 000 entreprises et commerces et ses 190 000 emplois, il est un acteur économique incontournable, et surtout un moteur essentiel de la compétitivité économique de la métropole parisienne. 2,7 millions de m2 de bureaux sont ainsi présents sur le territoire avec des fleurons du numérique comme Microsoft, HP, Cisco, Huawei, Gemalto, Bouygues Telecom et de nombreuses start-ups, dont certaines font tous les ans l’actualité du CES de Las Vegas. Avec près de 40 % de nos emplois dans la filière numérique, Grand Paris Seine Ouest est l’un des principaux pôles français de l’innovation.

L’histoire de l’Inteligence Artificelle est passionnante et méconnue, de Deep blue à Watson, et si elle soulève de nombreuses questions (éthiques, sociaux, philosophiques…), les participants du Booster Day sont parvenus à démystifier cette technologie dont on parle depuis plusieurs décennies. Fanny HERVE, IBM Business Development Executive, par ailleurs maire-adjointe de Sèvres, a ainsi rappelé que Watson avait permis de développer de nouveaux services depuis de nombreuses années. Si Watson est capable de lire 10.000 livres en une seconde, il ne s’agit cependant pas d’une sorte d’ordinateur central contrôlant tout. Il faut plutôt le voir comme une plateforme de services cognitifs, une « solution d’intelligence augmentée ».

De même, Eneric LOPEZ, Directeur des Programmes Innovations et Startups chez Microsoft France, a bien expliqué que l’Intelligence Artificielle était déjà au service de la transformation numérique au travers de nombreux cas d’usages. Il ne s’agit donc pas d’un phénomène réellement nouveau, mais son boom actuel s’explique par la conjonction de 3 facteurs : l’explosion de la puissance de calcul, la fulgurance algorithmique et les massive data (qui permettent d’entraîner les modèles).

Au cours de la table-ronde dédiée aux cas d’usages concrets, Philippe KERIGNARD, directeur de l’innovation de Bouygues Telecom a expliqué comment les clients de l’opérateur utilisaient l’intelligence artificielle sans le savoir pour installer leur Box ou échanger avec son chatbot, et Victor GOUIN, consultant digital chez NIJI, a expliqué comment on utilisait déjà l’IA pour optimiser des processus internes, améliorer l’expérience client (c’est le cas d’airbnb) ou même pour la transformer comme le fait Lemonade, une assurance 100 % digitale (voir ses slides).
De son côté, le fondateur de JulieDesk, Julien HOBEIKA, explique comment l’assistante virtuelle optimise les agendas et fait gagner du temps à ses utilisateurs. Enfin, Dominique SCIAMMA, Directeur de l’école de design Strate, à Sèvres, a insisté sur l’importance de sortir de la sphère technique lorsqu’on parle d’intelligence artificielle, car il s’agit avant tout d’un changement de paradigme comme a pu l’être l’écriture ou Internet. Mais le plus important est de garder l’Homme au centre de tout. « Il n’y a pas d’impression 3D de l’émotion » a-t-il rappelé.

La matinée s’est terminée avec la présentation des start-ups du Booster de So Digital, le programme d’accompagnement des entreprises innovantes de Grand Paris Seine Ouest. Depuis son lancement, à l’automne 2015, une vingtaine de start-ups ont suivi le programme. Elles ont, depuis, beaucoup progressé, comme ByPath qui a levé plus d’un million et demi d’euros auprès de Kompass International, emploie plus d’une vingtaine de personnes et est présente dans une dizaine de pays. Ou encore Citygoo, l’application de covoiturage urbain, qui vient de boucler un 3ème tour de table après avoir remporté le Grand prix Business Angels de la création en 2016. Plusieurs d’entre elles ont aussi été remarqués par les médias, comme VieMonJob ou Mobiliwork, ou par le grand public comme Vooter, Prix du public sur le festival Futur en Seine, ou MonAvisCitoyen.fr, partenaire du Parisien. Toutes, évidemment, ne parviendront pas au sommet mais nous veillons à ce qu’elles puissent entreprendre avec tous les atouts entre leurs mains. Et aucune d’entre elles n’est délaissée, même après la fin de leur programme. Elles peuvent demander des conseils et participer aux nouveaux ateliers mis en place. Elles ont d’ailleurs décidé de maintenir ce lien entre elles en créant un « Alumni du Booster », les anciens parrainant les nouveaux au fil du temps.

Illustration de cet état d’esprit, Jérôme Gonon , co-fondateur de la start-up Mobiliwork, dont la promotion s’achève, vient de mettre en place un groupe « Booster de So Digital » dans sa plateforme pour permettre aux start-ups de travailler avec des professionnels de haut niveau prêtés par de grandes entreprises. Julie Plemeniti, fondatrice d’Userlynx et Adrien Coraillier, fondateur de Vigy, ont d’ailleurs souligné l’importance de cet esprit de partage et d’apprentissage propre au Booster de So Digital.

Enfin, les deux start-up lauréates de la promotion 6 ont été officiellement présentées : Frédérique Ichac, fondatrice de Musa Decima, et Jean Malon Pantin, de Saas of Print, qui ont ensuite participé, dans l’après-midi, à leur premier atelier autour du business model proposé par l’ESSCA.

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