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CES 2018 : la voix de l’innovation
Date de création : 30|janvier |2018

C’est en sa qualité de patron de l’innovation de la Société Générale qu’Emmanuel BAVIERE, président de la commission numérique à Grand Paris Seine Ouest et conseiller municipal délégué à l’innovation de Boulogne-Billancourt, s’est rendu à Las Vegas, début janvier, pour participer au C.E.S., l’incontournable salon de la technologie mondiale.

Il a partagé, sur Linkedin, son expérience, que nous reproduisons ci-dessous, car elle résume parfaitement bien les grandes tendances 2018 de l’innovation :

LES 6 TENDANCES 

« J’ai relevé six tendances, qui ont parcouru tout le salon.

1 – La voix

Elle pourrait constituer un protocole universel, un langage commun à tous les objets connectés quel que soit l’écosystème auquel ils appartiennent. D’ici quelques années, les analystes estiment que quasiment un tiers des recherches sur Internet se fera par commande vocale. La voix est également la porte d’entrée vers l’ensemble des applications que contiennent nos smartphones ; il est plus facile de demander quel temps fait il à Siri que d’ouvrir une application météo sur son iPhone.

2 – La « Mixed Reality » (MR)

Elle combine réalité augmentée et réalité virtuelle, permettant de naviguer d’un environnement à l’autre. Ce mix d’expériences pourrait enrichir les formations : vous suivez une formation théorique pour apprendre à réparer des moteurs d’avion en réalité virtuelle et vous passez ensuite à la pratique en réalité augmentée.

3 – La Blockchain 

Elle trouve de nombreuses applications dans le domaine du paiement. Ma voiture une fois autonome pourra effectuer des paiements à ma place pour le pressing, le supermarché, le péage ou encore le stationnement. La Blockchain permettra de sécuriser cette délégation de paiement.

4 – L’IOT 

Il y a quelques années, on parlait d’IoT pour « Internet of Things ». On parle aujourd’hui d’IoT pour « Intelligence of Things ». Les équipements ne sont plus seulement connectés, ils deviennent intelligents, capables de s’auto-organiser, de s’adapter, grâce à l’intégration de l’Intelligence Artificielle.

5 – La voiture connectée

La voiture se métamorphose ; elle embarque une myriade de services et peut se transformer en espace de repos, de divertissement, de travail, etc. C’est le même changement de paradigme que celui qui s’est opéré pour le smartphone. Certains constructeurs l’ont intégré complétement, comme Toyota et son concept-car e-Palette.

6 – La 5G 

Avec le très haut débit, la 5G permettra quant à elle de supporter le développement de ces technologies, en particulier l’Internet des Objets et le machine to machine. Comment ? En gérant les flux croissants de données issues de l’IoT et en favorisant notamment l’interopérabilité des objets communicants.

LES USAGES DE DEMAIN

Tous ces éléments permettent de faire ressortir quatre univers au sein desquels de nouveaux usages vont se déployer.

1 – La maison intelligente d’abord, qui grâce à l’IA, dépasse sa fonction d’hébergement pour devenir un hub d’objets connectés pour toute la famille. Il y a là une dimension domotique, bien sûr, mais aussi l’idée d’organiser la vie de famille et les divertissements en s’adaptant à chaque occupant.

2 – La smart city, qui se développe en synchronisation avec les véhicules autonomes. La voiture devient alors à la fois émettrice de données (afin d’assurer la sécurité routière ou d’optimiser la gestion du trafic au cœur de la ville intelligente), réceptrice de données (afin d’appréhender son environnement) enfin, source d’information pour les passagers.

3 – La santé et le bien-être, avec la multiplication des vêtements, chaussures, accessoires connectés. C’est l’avènement de l’Homme IoTisé, qui embarque une armée de capteurs lui permettant de mesurer en temps réel ses paramètres vitaux ou ses activités physiques ; des capteurs qui sont désormais directement intégrés dans les fibres.

4 – Le sport, où les réalités augmentée et virtuelle offrent à la fois la possibilité d’évoluer dans des environnements immersifs (participer au marathon de New York, faire l’ascension du Mont Blanc) et d’améliorer ses performances (parfaire son swing, son smash, son tir, sa détente).

LES PARADOXES DU CES

C’était la première fois que je me rendais au CES. J’y ai vu un taxi volant, qui vous transporte d’un immeuble à l’autre, un drone sous-marin équipé d’une caméra, un robot qui repasse et plie vos vêtements, un androïde qui reproduit les expressions faciales… J’ai été bluffé par la keynote d’Intel, qui a véritablement ouvert le champ des possibles et montré que la technologie c’était aussi s’exprimer artistiquement, voler là où les autres vont rouler, voir un match de football à travers les yeux d’un joueur. J’ai également repéré de nombreuses pépites françaises : sur 900 startups, 275 étaient françaises. Citons par exemple Linagora, avec laquelle Société Générale collabore étroitement, qui présentait son assistant vocal Open Source et « GAFAM free ».

Deux choses m’ont particulièrement marqué.

La première, c’est l’incroyable flot d’informations déversées en continu pendant quatre jours. Le CES, c’est 20 000 produits, 185 000 visiteurs, et près de 4 000 exposants répartis sur l’équivalent de 35 terrains de football aux quatre coins de la ville. Tout l’enjeu, c’est de se mettre à l’écart de l’agitation, de prendre du recul par rapport à cette infobésité, pour déceler les véritables innovations de rupture et les usages de demain.

La deuxième chose, c’est que le CES est parcouru de contradictions. C’est assez paradoxal de réunir physiquement 200 000 personnes qui promeuvent le remote control, et de parler du futur dans un cadre old fashion, où les gens continuent de s’échanger des cartes de visite. Par ailleurs, j’ai également observé une présence forte des acteurs asiatiques, en particulier chinois, qui possèdent leur propre écosystème technologique (les fameux BATX : Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi) et alimentent les nombreuses innovations évoquées plus haut. Pourtant, le CES continue de se dérouler aux États-Unis, et de mettre les GAFA au premier plan. C’est comme si nous refusions d’admettre que le centre de gravité s’est déplacé… »

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